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Le
forum pour l'autre Mali s'assigne comme tâche de promouvoir le
débat citoyen, les confrontations d'idées, de système
de valeurs et de projets de société, inspirés de
l'état réel de notre pays et des aspirations véritables
des Maliens et des Maliennes. Les échanges de vues que nous organisons
sur la marche de notre pays et du monde pourront étayer les choix
et, nous l'espérons, les décisions que les élus
seront amenés à prendre. «
Coton qui pleure, coton qui rit » est le titre de cet article
de « The Wall Street Journal » qui a été repris
de part le monde par différent organes de presse, pour rendre
compte du sort tragique des paysans maliens producteur de coton, comparé
à celui privilégié de leurs homologues américains
qui bénéficient des subventions agricoles. L’arrogance des Etats-Unis d’Amérique L’accord
de l’OMC sur l’agriculture qui prévoit la disparition
progressive des subventions agricoles, n’a pas empêche les
Etat-Unis d’adopter le « Farm Act » de 2006 (chaque
demi hectare de coton bénéficiera de 230 dollars de subvention).
En Europe, les producteurs de la Grèce et d’Espagne reçoivent
quant à eux 1 milliard d’euros en raison des mécanismes
de la Politique Agricole Commune (PAC) qui garantit les prix aux producteurs.
Le prix stabilisé du coton dont ceux-ci bénéficient
est de 1,06 euro (le kilo de coton graine, quel que soit le cours du
marche) et de l’ordre de 0,30 euro pour les paysans Africains.
Le sort de Mory SANGARE qui est familier à tous les Malien (ne)s,
est aussi celui d’autres millions de paysans du Bénin,
du Burkina Faso, de la Cote d’Ivoire, du Tchad, du Togo…à
qui les institutions internationales de financement ont fait admettre
que le secteur cotonnier leur ouvre la porte du marché mondial.
Sur 53 pays africains, 35 sont producteur de coton et 32 d’entre
sont exportateurs. En un demi-siècle, la production africaine
est passée de 700.000 tonnes, avec des évolutions contrastées
selon les pays. La part de l’Afrique du Nord est passée
de 7à% en 1950 à 22% en 2001/2002 pendant que l’Afrique
Subsaharienne multipliait sa production par sept avec un record pour
le pays de la zone franc dont la production est passée de 30.000
à 1.000.000 de tonnes., Dans notre pays, les efforts de développement
du secteur remontent aux années 70. La compagnie Malienne de
développement des Textiles (CMDT) qui en est l’élément
moteur, a vu le jour en 1974 avec une participation de 40% de la Compagnie
Française de Développement des Textiles (CFDT). La zone
d’intervention de la CMDT Mali Sud comprend la totalité
de la région administrative de Sikasso, une partie des régions
de Koulikoro et de Ségou et en fin le cercle de Kita dans la
région de Kayes. La CMDT intervient également dans l’aménagement
du territoire,l’éducation dont l’alphabétisation,
les soin de santé, la promotion des femmes…. La dévaluation
du franc CFA, survenu en janvier 1994, avait créé une
embellie ainsi qu’un vent d’optimisme qui se sont vite estompés.
Le secteur est confronté depuis 1998 à des difficultés
liées aux subventions agricoles, ci-après évoquées
: la concurrence des fibres synthétiques, les stratégies
d’investissement et de commercialisation inappropriées
de la CMDT ainsi que la mauvaise gestion interne. Le manque à
gagner lié aux subventions américaines est estimé
à 43 millions de dollars en 2002 alors que l’aide américaine
était de l’ordre de 37 millions de dollars. Cette évolution
est source de graves préjudices au regard de l’effort financier
et humain consenti par le Mali qui est parmi les pays le plus démunis
au monde. En dépit des moyens financiers et technologiques mobilisés
par les pays industrialisés, le coton américain et européen
est donc moins compétitif que le coton africain. En 2000/2001,
le coût moyen de la production cotonnière était,
en effet, de l’ordre de 48 à 53 cent par livre en Afrique
de l’ouest contre 73 cents pour les producteur américains.
Ainsi l’effort et l’excellence ne paient pas, puisque les
nations riche peuvent se permettent de fausser le jeu tel qu’établi
par elles-mêmes, en accordant des subventions à leurs propres
producteurs. En fait, les producteurs de coton se trouvent doublement
piégés, le coton étant la seule culture qui donne
accès aux intrants, aux équipements et à un marché
garanti, condition qui favorisent l’essor de toute production
agricole. Le résultat à été un boom spectaculaire
de la production cotonnière au détriment de la sécurité
alimentaire de centaines de familles productrices. Les conséquences
de cette situation sont d’une extrême gravité au
plan économique, social, écologique et politique. Elle
révèle que dans un contexte où l’aide publique
tout comme les emprunts sont assortis de conditionnalités, les
pays africains ont très peu de marges de manœuvre.
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