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LE NEPAD
(NOUVEAU
PARTENARIAT POUR LE DEVELOPPEMENT AFRICAIN)
© Le Contrôle citoyen – N° 4 Novembre 2003
« Ce texte est une présentation simplifiée du
document officiel du NEPAD, finalisé à Abuja (Nigeria)
en octobre 2001. C’est à l’initiative de la vice-présidence
sénégalaise du Comité de Mise en Œuvre
qu’il a été élaboré ».
1.
Genèse
Au cours de l’année 2001, prenant conscience de l’énorme
retard de l’Afrique, de la situation désastreuse de
ces populations et de l’inanité des interminables études
et plans jamais réalisés qui ont jalonnés notre
histoire depuis l’indépendance, des chefs d’état
prirent sur eux-mêmes l’initiative d’élaborer
des plans de développement de l’Afrique procédant
d’un esprit tout à fait nouveau.
C’est ainsi que le Président Thabo MBEKI d’Afrique
du Sud lança l’idée de la renaissance africaine
comme devant être le souffle nouveau de l’Afrique à
l’entrée du 21ème siècle. Sur le même
élan, le président de l’Afrique du Sud, celui
du Nigeria, Olusegun OBASANJO, celui de l’Algérie,
Abdelaziz BOUTEFLIKA lancèrent le Millénium African
plan, MAP. De son côté, le Président Abdoulaye
WADE du Sénégal proposait le plan Omega. L’Egypte
fut par la suite comptée pour, avec les 4 derniers chefs
d’état, forment le groupe des initiateurs appelé
Comité de Mise en Œuvre (Implementing Commitee). Le
Comité de Mise en Œuvre forma le groupe d’expert
des pays initiateurs et aussi de l’OUA, de la CEA et de la
BAD.
Au fil de nombreuses réunions de travail, la fusion des 2
plans fut réalisée en un plan unique qui pris le nom
de Nouvelle Initiative Africaine.
La Nouvelle Initiative Africaine fut adoptée par le sommet
des chefs d’état de Lusaka, Zambie des 6 et 7 juillet
2001 qui, dans une résolution spéciale, désigna
le Président Abdoulaye WADE pour se joindre aux 3 chefs d’état
antérieurement mandatés pour négocier l’annulation
de la dette et qui avaient déjà reçus par le
G8 au Japon en juin 2000 : OBASANJO, MBEKI et BOUTEFLIKA et d’autre
part, d’élargir le comité de mise en Œuvre
à 15 membres en y ajoutant 2 chefs d’état par
région.
La délégation des 4 chefs d’état du sommet
reçut mission d’aller exposer ce nouveau plan de l’Afrique
à Gènes, en Italie, les 20 et 21 juillet. Le président
Alpha Oumar KONARE fut invité à se joindre à
la délégation qui fut ainsi composée de 5 membres.
Au cours d’une de ses réunions, le Comité de
Mise en Œuvre estimant devoir changer le nom du plan pour l’appeler
désormais Nouveau Partenariat pour le Développement
de l’Afrique dont l’acronyme anglais fut retenu comme
sigle unique : NEPAD, New Partnership for Africa’s Development
2.
Objet
Le NEPAD a pour ultime objectif de combler le retard qui sépare
l’Afrique des pays développés .Cette notion
de fosse à remplir est le cœur même du NEPAD.
Il ne s’agit donc pas seulement de financer des projets tous
azimuts.
L’Afrique, en effet, considère qu’elle a été
marginalisée par l’évolution historique qui
fait qu’aujourd’hui, elle reçoit moins de 1%
de l’investissement mondiale et représente 1,7% du
commerce international.
Au plan développement économique et social, l’Afrique
est aujourd’hui le continent le plus en retard et le plus
pauvre. Son appauvrissement historique provient des effets cumulatifs
de 300 ans d’esclavage, de 100 ans de colonisation et, depuis
l’indépendance de la domination économique qui
se traduit en exploitation de ses ressources et du travail de ses
populations par des prix en perpétuelle tendance historique
à la baisse.
En vérité, cette marginalisation de l’Afrique
existe même dans l’esprit de nos partenaires du monde
développé qui, lorsqu’ils parlent d’économie
mondial, ne font entre dans ce concept que les pays développés,
le continent africain étant à la périphérie,
de plus en plus poussé à l’extérieur.
Or, pour les dirigeants africain, l’Afrique est bien dans
la globalisation par le fait que le développement de l’économie
mondial, Etats-Unis et Europe, est historiquement, très largement
le fruit de l’exploitation des matières premières
de notre continent et du travail de ses populations à travers
ses produits d’exportation.
L’Afrique revendique donc des pays développés
des investissements massif dont les mécanismes sont à
préciser, sans qu’il s’agisse nécessairement
de crédits ou d’aide, le « binôme infernal
» d’où aucun pays sous–développé
n’est jamais sorti pour rejoindre la catégorie des
pays développés.
Le paradoxe est d’ailleurs que les immenses transferts de
fonds des pays développés vers les pays en voix de
développement ont abouti à des résultats autre
que ceux escomptes puisque la Communauté mondial vient de
lancer une décennie de lutte contre la pauvreté. C’est
l’aveux même d’un échec qui prouve, s’il
en était besoin, qu’on ne fait pas une bonne politique
de développement internationale avec des idées généreuses.
3.
Stratégie
Le NEPAD est articulé en une double stratégie, d’une
part l’option de la région comme espace opératoire
de base et le recours aux investissements privés massifs
comme l’ont fait les autres continents.
1.
l’option centrale de la région
Le NEPAD a fait l’option d’un développement de
l’Afrique à partir des régions et non plus des
états. A ce sujet rappelons que l’Afrique est divisée
en 5 régions :
- l’Afrique du Nord,
- l’Afrique de l’Est,
- l’Afrique centrale,
- l’Afrique de l’Est et Océan Indien,
- l’Afrique Australe.
Donc,
sans remettre en cause la souveraineté des états autrement
que par leur engagement dans l’Union Africaine, le NEPAD considère
que l’Afrique ne peut s’en sortir que par la promotion
de l’espace régional qui offre un plus grand marché
à nos industries et de plus grandes possibilités pour
les investissements étrangers.
Bien entendu, le développement à partir des régions
sera coordonné au sommet pour des raisons de cohérence.
On notera d’ailleurs que les projets, au plan spatial, seront
de plusieurs types.
Par exemple, en ce qui concerne les routes, ou les infrastructures
en général, on pourra distinguer des projets intra-régionaux
(à l’intérieur d’une région), des
projets trans-régionaux (à cheval sur plusieurs régions),
des projets continentaux
2.
secteur privé
Pour la première fois dans son histoire, l’Afrique,
à travers le NEPAD, a décidé de faire un appel
au secteur privé qu’il considère comme devant
être au cœur de la croissance. Sans démissionner
de son rôle historique de protecteur des populations à
travers une politique économique et sociale efficace et de
progrès, pour le NEPAD, le secteur est le seul en mesure
d’apporter à l’Afrique les immenses capitaux
dont elle a besoin.
Bien entendu, il y a d’abord le secteur privé africain,
des africains du continent et de la diaspora et aussi les importantes
possibilités q u’offre la mobilisation de l’épargne
publique et de l’épargne privée.
Il n’en demeure pas moins vrai que les capitaux restent une
dimension sine qua non de la croissance et du développement
de l’Afrique qui doit s’organise pour faire observer
ses lois par les investisseurs.
Dans cette direction, le NEPAD encourage le développement
d’un secteur privé africain qui peut être soit
autonome, soit associé au secteur privé étranger
en « joint ventures ».
Les
supers-priorités
Le NEPAD estime que s’il est vrai que tout est prioritaire
en Afrique, il y a quand même des supériorités,
sorte de fondements sans lesquelles, il n’y a aucune possibilité
de développement. C’est pourquoi, le NEPAD propose
un partenariat avec les pays riches en vue de la conception en commun
et de l’exécution d’un plan d’urgence de
superpriorité.
A l’origine, le NEPAD n’avait retenu que 8 superpriorités
tant il apparaissait évident que la bonne gouvernance sous
sa forme politique et privé était une condition sine
qua non du développement. C’est pourquoi, il en a été
fait une explication qui a abouti à 10 secteurs prioritaires
:
1. La bonne gouvernance politique : démocratie se traduisant
par des élections libre et honnête ainsi que des institutions
démocratiques, respect des droits de l’homme, de la
femme et de l’enfant, transparence dans la gestion du patrimoine
public, éradication de la corruption.
2. La bonne gouvernance économique et les flux de capitaux
privés par une justice indépendante et honnête
dans les litiges impliquant des investisseurs étrangers,
la gestion honnête et transparente des sociétés
privées, etc.
3. Les infrastructures : routes, chemins de fer, ports et aéroports,
transports qui sont des éléments de coûts qui
pèsent sur la compétitivité des produits africain
appelés à être vendus à l’étranger.
Au surplus, les infrastructures sont amplificatrices et créatrices
d’activités économiques.
4. L’éducation : aujourd’hui, il est apparu que
les ressources humaines sont le facteur le plus important de la
croissance parce que facteur entrant directement dans la production
: créativité, inventivité, productivité.
5. La santé : Définie par l’OMS comme un état
complet de bien être physique et mental, la santé contribue
à l’augmentation de la productivité et par conséquent
à la croissance économique. Améliorer la santé
et la nutrition contribue directement à relever le bien-être
des populations. On peut donc nettement établir le lien entre
l’amélioration de la situation sanitaire et la lutte
contre la pauvreté.
6. L’agriculture : La majeur partie des populations d’Afrique
vit dans les régions rurales. L’amélioration
de la performance agricole est une condition préalable au
développement économique du continent.
L’accroissement du pouvoir d’achat des populations rurales
qui en résultera, conduira également à une
augmentation réelle de la demande des produit industriels
africains.
7. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication
: les technologies de l’information et de la communication
(TIC) fondées sur l’interaction entre les ordinateurs,les
télécommunications et les medias classiques, revêtent
une importance cruciale pour l’économie de demain,
fondée sur les connaissances.
Les progrès rapide réalisés dans le domaine
technologique et la baisse du coût du matériel TIC,
offrent de nouvelles perspectives aux pays africains pour ce qui
est de l’accélération de leur croissance et
de leur développement économiques.
8. L’énergie : L’énergie est une dimension
du développement, c’est connu. Or, la plus part des
pays africains sont non producteur de pétrole et ne disposent
que d’énergie hydraulique très mal repartie
sur le territoire. De sorte que la plus part des pays sont dépendant
des fluctuations des cours du pétrole, obligés que
sont les gouvernement d’augmenter les prix du pétrole
lorsque le prix du brut augmente, ce qui se traduit par un effet
immédiat sur les condition de vie des travailleurs et plus
généralement des masses. C’est pourquoi, le
NEPAD a inscrit l’énergie parmi ses superpriorités,
invitant la communauté internationale à une réflexion
sur cette question. Certain pays africain disposent de gaz on déjà
envisagé des gazoducs vers les pays démunis.
Mais le problème général demeure, l’énergie
étant un intrant important dans le coût de production
et ayant donc un impact direct sur la compétitivité
de nos entreprises.
9. Accès aux marchés des pays développés
: la volonté affichée de développement de l’agriculture
et de sa diversification ne peuvent être opérantes
que si les pays développés nous ouvrent leurs frontières
ainsi que cela était dit ci-dessus.
10. Environnement : Le poids d’un environnement détérioré
sur la condition des populations, surtout dans les grandes villes,
est aujourd’hui établi, outre que ses aspects les plus
connus, la désertification et la sécheresse sont des
menaces très sérieuse à la vie même les
populations au sud du Sahara .
A cela, il faut ajouter la dégradation rapide des côtes
africaines qui s’avance comme la sentinelle inexorable de
l’avancée de la mer.
A cela, il faut ajouter les menaces réelles de transfert
des déchets toxique ou de farine contaminées vers
l’Afrique, autant de danger pour le cheptel et pour les être
humain.
Elaboration
des projets
Pour élaborer les projets régionaux dans les différentes
superpriorités, leur supervision par les Chefs d’Etat
a été décidée de la manière suivante
:
Des
réunions de ministres ont lieu dans les différentes
régions pour élaborer les projets avec le concoure
de la Banque Africaine de Développement. Le NEPAD dispose
ainsi d’un important portefeuille de projets qui s’adresse
à la fois au secteur privé et au secteur public.
1
Le comité de mise en œuvre
Il
comprend actuellement 15 chefs d’états, soit 5 d’origine
et 10 représentant les régions a raison de 2 par région
et est ainsi structuré :
Direction
Président
: Olusegun OBASANJO
Vice président : Abdelaziz BOUTEFLIKA
Vice président : ABDOULAYE WADE
Membres: Thabo MBEKI, Mohamed Hosni MOUBARAK
Reunions
Le
comité de mise en oeuvre se réunit au moins trois
fois par an et sur convocation de son président.
2
Le Steering Committee (comité de pilotage)
Il
est ainsi composé :
-
représentants personnels des 5 Chefs d’Etat initiateurs.
- représentants des institutions économiques et financières
africaines.
- Représentant des autres Chefs d’Etat du comité
de mise en œuvre prennent part à ses réunions.
Son rôle est de préparer les termes de référence
des programmes et des projets et de superviser le secrétariat.
3
Le secrétariat
Il
est chargé de l’administration du fonctionnement du
NEPAD ainsi que de la coordination entre les différentes
structures.
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