Hamadoun Ibrahima Issébéré
 
 
 
Biographie

Né en 1948 à ASSAKARBA (pays dogon, région de mopti), de nationalité malienne, Hamadoun Ibrahima Issébéré fait ses études primaires à douanza de 1954 à 1960, avant de commencer des études littéraires, de 1960 à 1964, au collège moderne de Mopti, au lycée Askia Mohamed de Bamako puis en 1967 à l’école normale supérieure de bamako d’où il sortit en 1971 comme professeur diplomé de lettres modernes.
Il enseigna successivement au lycée de Banankoro, à l’école normale technique d’enseignement féminin et au lycée de ségou jusqu’en 1977, époque où il fut nommé directeur des études de l’Institut National des Arts du Mali (INA).
L’année suivante commenca pour Hamadoun Ibrahima Issébéré une carrière politique des plus passionnante. Elu membre du bureau exécutif national des jeunes du Mali, il fut designé comme représentant de cette organisation au sein de la commission nationale chargée de préparer le congrés constitutif du nouveau parti unique : l’union démocratique du peuple malien.
Hamadoun Ibrahima Issébéré a ensuite passé 18 ans comme secrétaire général du mouvement panafricain de la jeunesse à Alger. Il est , depuis 2001, ambassadeur du Mali en Guinée Conakry.
Le flambeau artistique familial est, aujourd'hui, repris par sa fille, Déné Issébéré, une des nouvelles voix d'or du Mali.

 

 
Principaux ouvrages publiés
 

"Vertiges et horizons", publié en 1973.
"La souche en fleur", publié en 1974.
"Les boutures du soleil", publié en 1978 aux éditions Saint-Germain-Des-Pres (Prix de l'ACCT)
"Clameurs d'antan et soleil présents", publié en 1979 aux éditions les Nouvelles Editions Africaines

 
 
Extraits
pour plus d'informations contact de l'écrivain
Cannibalisme
("Les boutures du soleil")



Je suis venu au monde
Un couteau entre les dents !
Sous l’œil inquisiteur
d’un univers moribond
Qui dans sa hâte de sauver les derniers
vestiges
D’une montagne de beurre fondant au soleil
Me prie de rengainer !
Ah !ce rire mien de cannibale !
J’allais à l’assaut des forteresses
Réputées inexpugnables !

Je me proclame de bourreau de cette race de rapaces !
Et j’accomplirai ma mission
jusqu’au bout !
Mes trophées des peaux humaines
fruits de ma chasse quotidienne !

J’attendrai à l’ombre des citronniers
odorants
L’éclosion des têtards
de l’autre côté du lac des nénuphars !



Solitude
("Les boutures du soleil")

Tu es parti en crachant sur la figure
Sereine de tes Masques antiques !
Et voilà que des mécènes en mal d’exotisme
T’ont formolisé dans les vitrines
de leurs salons d’été !
Le faufilage de leurs idées égalitaires
Sur ta conscience titubante
T’as envoûté comme les paroles du sorcier le possédé
Mille saisons et mille lunes sur les pavés enneigés
Sans une couverture de cotonnade chaude
sur tes épaules !
Tu as supporté tout cela !
Mais au retour le bercail t’accueille
Avec dans tes bagages une odeur rance
d’amours hygiéniques !
Et tu voulais prouver ta personnalité
Aux hommes-à-la-face-blême !
Réhabiliter la Race !
Dans les forêts
sur les montagnes
dans les savanes
Nos dieux ricanent en voyant s’accomplir
leur malédiction !




L’intrus
("Les boutures du soleil")


Qu’est-il venu chercher
Au carrefour des continents en dérive
Ce frêle enfant allaité aux mamelles
faméliques des mondes difformes ?
Sa faim remonte dans la nuit des temps
Car le lait est amer dans la sein des peuples
Qui n’ont rien d’autre à dispenser
Que la haine et la violence
La complaisance et la médiocrité !
Quel avenir !dieux quel avenir !
Victime désarmée dans un monde de rapaces
L’Homme de ce siècle meurtri
Sera enterré par l’Homme.


Vertiges
("Clameurs d'antan et soleil présents")


Mais où découvrir un coin de ce siècle
Qui n’abrite un nid de fourmis rouges ?
Mais où dormir du sommeil uniforme
et énigmatique
Sans une rage de canon ?
Mais où boire une sève
non coagulée ?
Mais de qui recevoir un salut
non monnayable ?
Mais pourquoi
comment courir quand on a les jarrets
les tendons sectionnés par les hordes
de mercantilisme ?
Quelle âme pourrait s’élever
de ce charnier de valeurs atones ?
Dites qui pourrait me chanter
la berceuse pour enfants de cent ans ?




Monde blanc
("Clameurs d'antan et soleil présents")


Monde blanc j’accepte l’arrogance
De ton défi sur les flancs de ma civilisation
Avec la sérénité de l’homme invulnérable
Devant la lance meurtrière !

Mais te souviens-tu du temps où la pointe
de ma sagaie ancestrale
Se plantait dans le mou de tes entrailles
Hier à l’heure du Déluge ?
Tu fus invaincu car les bouches à feu
Eurent raison de mes arcs et flèches !
Mais aujourd’hui ton gigantesque squelette d’acier
Croule sous le poids des montres !
Car les termites de la dégénérescence
Ont rongé les solives
qui soutiennent ta puissance.

 
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